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A LA UNE

Grand Entretien

Patrick Ollier, ancien Ministre, Président de la Métropole
du Grand Paris et Maire de Rueil-Malmaison

Dans un contexte budgétaire sensiblement contraint et à l'aune de sa récente réélection à la tête de la Métropole du Grand Paris à l'issue des élections municipales, Patrick Ollier nous livre ses ambitions et la feuille de route qu'il entend poursuivre en faveur des 130 communes et 7,2 millions d'habitants de la Métropole. 

Par Hélène Imatte

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« La Métropole du Grand Paris agit structurellement en faveur du rééquilibrage
territorial et de la solidarité, c’est l’essence même de son modèle ! » 

Vous venez d’être réélu à la présidence de la MGP et avez déclaré à cette occasion vouloir « poursuivre dans cette voie pour une Métropole qui protège ses communes et soutient ses 130 maires ». Qu’entendez-vous concrètement par-là ? Dans un contexte économiquement contraint, comment la Métropole entend-elle maintenir un haut niveau d’investissement pour
les communes ? 

C’est un honneur immense, mais le défi l’est tout autant. La Métropole est le lieu où le consensus émerge face à l’adversité. Nous poursuivrons dans cette voie pour une Métropole qui protège ses communes et soutient ses 130 maires ! La budget 2026 de la Métropole du Grand Paris, adopté le 30 avril à l’unanimité des suffrages exprimés, traduit une volonté collective forte : malgré un contexte budgétaire particulièrement contraint, marqué notamment par une baisse de 50 millions d’euros des ressources de la Métropole en 2025 et à nouveau 50 millions d’euros en 2026, nous faisons le choix de maintenir un haut niveau d’investissement au service des 130 communes et des projets portés par les maires ! 

La Métropole mobilisera ainsi 152 millions d’euros d’investissements propres en 2026, soit un niveau supérieur à la moyenne des cinq dernières années. Cet effort traduit une priorité claire : continuer à accompagner concrètement nos communes et soutenir les projets utiles au quotidien des habitants.  

Cet engagement se traduit a notam­ment travers plusieurs dispositifs métropolitains structurants, comme le Fonds d’Investissement Métropolitain (FIM), le fonds pour les équipements structurants, le fonds énergie et biodiversité, le plan vélo métropolitain, le dispositif « Centres-Villes Vivants » ou encore le soutien à l’innovation et à l’intelligence artificielle.

La Métropole du Grand Paris joue également un rôle de « protecteur » de ses communes !  

Les moyens propres de la Métropole sont très faibles : 95 % de ses ressources sont reversées aux
130 communes, soit 3,372 Mds € par an (un effort de 34 Mds € versés sur 10 ans), au titre des attributions de compensation (AC). 

Depuis sa création, elle joue un rôle central d’amortisseur financier, avec 2 Mds € mobilisés pour soutenir le bloc communal. Ce mécanisme, issu du « pacte fondateur » avec Gilles Carrez à la création de la Métropole, a permis de compenser sur 10 ans les baisses de ressources des communes en leur restituant en valeur la CVAE de 2015, alors même que cette ressource n’est aujourd’hui plus perçue par la Métropole.

Les élections municipales de mars ont mis en lumière un accroissement des disparités entre les territoires. Quel est le rôle de la Métropole pour favoriser le rééquilibrage territorial ?  

La Métropole du Grand Paris agit structurellement en faveur du rééquilibrage territorial et de la solidarité, c’est l’essence même de son modèle ! Depuis sa création en 2016, elle a investi plus de 1,6 milliard d’euros en veillant au rééquilibrage territorial au profit des communes qui en ont le plus besoin.

La gouvernance partagée au-delà des engagements politiques a permis à la Métropole de s’engager dans ces deux priorités avec 2/3 d’investissements en faveur de l’Est et du Nord de la Métropole et 1/3 en faveur de l’Ouest. 

Grâce notamment au Fonds d’Investissement Métropolitain (FIM), mais aussi au programme « centres-villes vivants » qui concerne plus de 90 centres-villes en dévitalisation épaulé par une Foncière commerciale que nous avons créée à cet effet afin de préempter pour le compte des communes qui n’en ont pas les moyens les fonds de commerce destinés à installer des commerces de proximité, le concours « Inven­tons la Métropole du Grand Paris » avec 3 éditions, 91 projets lauréats dont 72 % progressent, 10 milliards d’euros d’investissements privés, 25 000 emplois crées à terme, le dévelop­pe­ment de 260 km d’aménagements cyclables métropolitains, le déploiement d’un réseau de 900 bornes de recharge électrique, la massification des « cours oasis », la rénovation énergétique des logements et des écoles, la réduction des nuisances sonores, etc. 

 

Au titre de sa compétence GEMAPI, quelles actions la Métropole entend-elle continuer à porter en matière de prévention des inondations ? 

Depuis 5 ans, la Métropole du Grand Paris et Seine Grands Lacs ont mis en place un système fondé sur la réciprocité de la solidarité : une solidarité de l’aval vers l’amont, ce qui est nouveau, qui vient complé­ter celle de l’amont vers l’aval qui existait déjà depuis des décennies. Depuis 36 ans, plus aucun investissement ou équipement majeur n’avait été réalisé pour lutter contre les inondations !

C’est la taxe GEMAPI levée par la Métropole, un produit de 50 M€ en 2026 voté à l’unanimité des suffrages exprimés en conseil métropolitain, qui permet d’aider Seine Grands Lacs à financer des investissements sur le bassin amont et donc d’exercer la solidarité de l’aval vers l’amont. 

Près de 100 km de digues, parfois très dégradées, ont ainsi été repris et sécurisés. Aujourd’hui, 410 projets de zones d’expansion des crues sont identifiés, contre seulement 6 il y a cinq ans. Le casier pilote de la Bassée, financé par l’État, la Métropole du Grand Paris et Seine Grands Lacs, ajoute 10 millions de m³ de capacité de stockage.

L’action conjointe s’étend désormais jusqu’au Châtillonnais, à plus de 250 km de Paris, avec 10 M€ de paie­ments pour services environne­mentaux (PSE) sur 7 ans. Enfin, des dispositifs d’indemnisation des agriculteurs sont déployés pour accom­pagner les sur-inondations, avec un forfait initial de 1 000 €/ha
puis une indemnité à chaque inon­dation, en fonction des barèmes à partir des conventions signées avec les chambres d’agriculture.

Dans quelle mesure la Métropole est-elle un acteur incontournable de l’action climatique et de la transition écologique ? Quelle stratégie porte-elle dans le cadre du Plan Climat Air Energie (PCAEM) adopté en février ? 

La Métropole du Grand Paris s’est imposée comme un acteur incontournable de l’action climatique à l’échelle métropolitaine. Dès 2018, nous avons fait le choix d’agir avec ambition en adoptant le premier
Plan Climat-Air-Energie (PCAEM), reconnu par la labellisation « Climat-Air-Energie » niveau 3 étoiles, qui a permis de structurer durablement notre action.  

Avec l’adoption à l’unanimité du nouveau PCAEM 2026-2032, nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape en renforçant à la fois nos objectifs et nos moyens d’action. Cette feuille de route repose sur 42 chantiers prioritaires et plus de 150 mesures opérationnelles, dont 65 nouvelles, afin d’accélérer la décarbonation de la Métropole et atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. 

Concrètement, la stratégie métropolitaine s’articule autour de trois priorités : réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre et de 55 % la consommation énergétique d’ici 2050, transformer les mobilités avec notamment 260 km d’aménagements cyclables et le développement des véhicules électriques, et adapter les communes aux effets du changement climatique, à travers la végétalisation, la renaturation, la lutte contre les fortes chaleurs et le renforcement de la protection face aux inondations.

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Territoires Durables

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